RONALDO N'EST PAS CONTENT. Non, pas content du tout. Pas parce que sa fiancée l'a plaqué et que la terre entière le sait.

Non, c'est après BenQ qu'il en a. Vert de rage, il a même pris son téléphone BenQ Siemens en main et a appelé le SAV à Taiwan.
Surprise : "The number you have dialled cannot be reached at the moment, please don't even try again later."

Or non, il n'est vraiment pas content, d'une part parce que, comme tous ses équipiers du Real, il doit porter jusqu'à la fin de l'année un sponsor maillot d'une marque qui n'existe plus. Assez ridicule, me direz-vous. Très.
Surtout lorsque la marque en question est en liquidation judiciaire, et semble tout simplement ne pas l'avoir payé pour ses performances de comédien - que ce soit dans un studio ou dans la surface de réparation.

Ronaldo demande donc son dû.
On lui souhaite bon courage, parce que cela ne fait de lui que l'un des ... 4350 créditeurs de la filiale Allemande de la marque Taiwanaise. Créditeurs, qui, regroupant des ouvriers licenciés réclamant à peu près 27 millions d'euros de dommages et intérêts, les autorités allemandes qui demandent près de 500 millions d'euros au titre des avoirs de la société ayant mystérieusement disparu des inscriptions comptables avant sa liquidation, des réalisateurs de campagnes commerciales comme celle de "Ben et Q" des partenaires floués et divers organismes, demanderaient en tout et pour tout une somme totale d'un milliard deux-cent millions d'euros.

Tout cela commence à faire cher la période de roaming entre Taiwan et l'Allemagne...

Mais comme parfois, quand tout va mal, tout ne peut aller que plus mal, BenQ semble être complètement incapable de réunir la somme nécessaire, et semble bien mal parti pour le pouvoir un jour.
En effet, les avoirs de la société mère totaliseraient un maximum de 300 millions d'euros, bien loin de ce qui leur est demandé donc, et peut être pas suffisamment ne serait-ce que pour avancer les frais de justice. La pilule est amère pour BenQ, qui doit donc 1.2 milliard d'euros à ses créditeurs, en plus des 600 millions investis en pure perte dans la filiale jusqu'à la liquidation.

Mais ce n'est pas fini...
Non seulement BenQ n'a pas de quoi payer, mais le seul chiffre dans sa comptabilité qui approche un tant soit peu de ce qu'il doit, c'est celui de ... leur pertes pour 2006, avoisinant un total de près de 800 millions d'euros. Mauvais pour le cours de l'action qui n'en finit plus de chuter à des rythmes de 3 à 7% par jour à la Bourse de Taipei...

Et pour aller de mal en pis, les autorités de le République de Chine ont envoyé le 14 Mars des enquêteurs faire une investigation musclée dans leurs QG, arrêtant 6 des membres du conseil d'administration de la marque dont le vice-président, sur des soupçons de délit d'initié... C'est sûr, quand tout va si mal, si on peut s'arranger à vendre pour plus de 2 millions d'euros d'actions avant d'annocer de telles pertes, ça arrange.

Mais bon, quand ça va mal...
Le Digitimes, forcément bien informé, nous rappelle que l'actionnariat majoritaire de BenQ n'excèdant pas 8% du capital, la société serait particulièrement exposé à une OPA hostile. Et que pis encore, BenQ contrôlant lui-même 8% du plus grand fabricant d'écrans LCD de Taiwan - soit à peu de choses près, le plus grand du monde - celui là changerait aussi automatiquement de mains.


Mais pourquoi changer un management qui a fait du si bon boulot ?