ENTRE LES BLACKBERRYS QUI OSENT prendre en compte des considérations esthétiques, les Palms qui osent Windows, les Nokia qui osent sortir des design clamshell et maintenant les IPaq qui osent offrir une ergonomie de téléphone, on se dit que tout fout le camp au royaume des Smartphones.



Car voyons, qu'est ce que c'était qu'un IPaq jusqu'à aujourd'hui sinon LA tentative désespérée de faire survivre leur vieille gamme de PDAs en leur ajoutant des fonctions téléphoniques, mais sans en abandonner pour autant un format anachronique ? Autrement dit, quoi d'autre si ce n'est la dernière itération, maintenant que même Palm est menacé, du concept bientôt archéologique de PDA-PHONE ?

Et pourtant, ils ont changé, et proposent avec la Série IPaq 500 une gamme d'engins qui ressemblent déormais à s'y méprendre à des smartphones, si si, je vous promets, ils tiennent dans une poche de chemise. Bon c'est vrai qu'avec 165 grammes sur la balance, le IPaq H510 est encore un peu plus lourd que la concurrence. Et qu'une résolution de 176x220 pixels sur un écran de deux pouces, c'est un peu limite. Tout comme l'APN de seulement 1.3 MP sans flash. Mais bon, avec une connectique Bluetooth, EDGE et WIFI - mais pas UMTS -, le push-email sur Windows Mobile 6 et une autonomie respectable de 6 heures et demie en communication, on a une machine décente.

Mais halte-là me dites-vous, à quoi sert un téléphone push-email sans clavier azerty, et sans écran tactile ? Eh bien à beaucoup de choses, puisque tout est activé par la voix, et que la saisie se fait par synthèse vocale. 20 fonctions sont disponibles à partir de la commande vocale, activée en parlant à son téléphone et en maintenant une simple touche latérale enfoncée. Et vous pouvez écrire vos e-mails au volant, ou en faisant tout à fait autre chose - à part manger, oui .
La reproduction est relativement fidèle sans être tout à fait parfaite, la prise en main est rapide, et la lecture des e-mails un peu monotone et monocorde, mais bon dans l'ensemble vous comprendrez la teneur de la communication.


C'est en fait la société Taiwanaise Cyberon qui est derrière le système de synthèse vocale, via sa solution Smartvoice - sortie à peine deux mois avant le IPaq 500. Eh oui, encore des Taiwanais. Ce qui est somme toute logique tant on songe à quel point la saisie des caractères chinois étant compliquée, la recherche de technologies palliatives est apparue comme une nécessité bien plus que dans nos pays occidentaux utilisant l'alphabet latin.
Pour la petite histoire, ce sont les mêmes causes qui ont abouti à l'invention du fax par la japonais alors que note vieux télex nous convenait encore très bien.

On saluera donc la belle tentative de HP pour nous proposer un nouveau produit, une nouvelle gamme et une technologie innovante. Même si elle n'est pas encore parfaite, la solution de synthèse vocale pourrait bien s'étendre à d'autres marques de smartphones.
Quoi que : si l'on se souvient bien, la même technologie était déjà mise en oeuvre au niveau des opérateurs téléphoniques il y a quelques années, notamment en France avec SFR jusqu'en 2003.
La synthèse des e-mails reçus était parfois comique ( mauvaises interprétations de la langue de rédaction de l'email, voix étranges ) mais tout de même intelligible, de même que la synthèse en saisie était aussi pas moins fidèle que celle de notre IPaq. Pourquoi le système a t'il été retiré de l'offre opérateur ? Mystère, ou sans doute affaire de gros sous.
Autrement dit, HP jouerait avec ce smartphone non seulement sons propre avenir dans ce marché, mais également celui de la technologie qu'il introduit.