BenQ lache Siemens !
Par CH, vendredi 29 septembre 2006 à 10:52 :: BenQ :: #103 :: rss
C'est aujourd'hui officiel : BenQ qui avait acquis il y a plus d'un an la division téléphonie mobile de Siemens a annoncé qu'il allait retirer sa participation, qui lui a déjà coûté 600 millions d'euros d'investissements, faute de voir la division sortir du rouge.
L'entreprise allemande fait banqueroute et demande la protection des autorités qui devraient nommer son prochain dirigeant qui tentera de chercher des solutions et d'éventuels repreneurs.
Récit d'un échec.
COUP DE TONNERRE aujourd'hui, le Taïwanais BenQ a donc annoncé qu'il se désengageait du marché du portable, et abandonne sa divison BenQ Mobile, c'est à dire Siemens, à son propre sort.
Bloomberg, Forbes, Reuters, toutes les publications spécialisées dans l'information économique enfilent les dépêches.
Or ce mariage aurasiatique aurait pu se passer tout autrement.
BenQ avait acquis la division mobile de Siemens peu après que Sony et Ericsson avaient scellé leur mariage. Les deux groupes Eurasiens représentaient alors chacun 5% des parts de marché du téléphone portable, et les deux tentatives de sauvetages apparaissaient alors également désespérées.
Aujourd'hui, le Nipposuédois est redevenu la quatrième marque du secteur avec près de 8% de parts de marché pour une chute à 3% pour le Germanochinois. La fusion entre Sony et Ericsson était un mariage entre égaux, celle entre Siemens et BenQ une véritable acquisition du premier par le second. Sony Ericsson a choisi de jouer la carte du design et un positionnement en haute moyenne gamme, BenQ un positionnement bas de gamme - alors même que les téléphones continuaient à être fabriqués en Allemagne à coût élevé, un comble pour une marque d'Asie du Sud Est. Les dirigeants allemands, et eux seuls, n'avaient de cesse de faire le fatiguant aller retour entre Taipei et Munich, alors que les Japonais de Sony et les Suédois d'Ericsson échangeaient en parmanence idées, opinions, projets entre Tokyo et Londres, voyageant chacuns tout autant pour apprendre les uns des autres.
Surtout, Sony Ericsson a sorti le T610, le premier photophone best-seller de l'histoire du téléphone portable, et qui a selon leurs propres termes "sauvé" la marque.
Chez BenQ, Le SL91 auquel nous avions trouvé certains mérites sera donc arrivé trop tard. Le groupe n'a jamais sorti de killer model, et a hésité en permanence sur son positionnement. Les investissements ont été gaspillés dans toutes les directions sans véritable stratégie à terme. Ainsi avais je prévu de vous faire un bel article sur ce téléphone étrange développé à l'état de prototype, l'Oxyon, dont l'ergonomie promettait d'être un cauchemar pour n'importe quel utilisateur doté d'une seule paire de mains à cinq doigts chacune.
Vous n'en verrez donc sans doute jamais la couleur dans les rayons.
La question est aujourd'hui de savoir si Siemens va continuer à faire des mobiles, et si oui, avec qui. Si l'entreprise disparaît, hélas, il faudra bien avouer qu'elle n'aura pas laissé de souvenirs impérissables dans l'esprit de ses clients. Ni dans ceux des investisseurs Taiwanais, qui ont fait progresser l'action de la maison mère BenQ d'une hause sans précédent à l'annonce du sevrage du bébé.
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