ET DIRE QUE l'IPAQ permet toujours à HP d'occupper la troisième place du marché des PDAs.
On se souvient des débuts, avec des Jornadas et de IPaqs, respectivement chez HP et chez Compaq, qui détenaient à eux deux un quart du marché des PDAs. Songez quand même que le premier Jornada est sorti en 1998, avec Windows CE 2 - une école primaire au niveau du design, notamment, si je puis dire... Ces modèles étaient suffisamment prometteurs pour espérer que la somme fusionnée des efforts des deux sociétés résulterait en des ventes supérieures au total de leurs ventes distinctes.




Et c'est là que tout a commencé à aller mal, plutôt mal...
Les designers des premiers IPaqs ont été apparemment priés de s'occuper d'autres projets, et on a laissé à HTC le soin de développer les nouveaux, qui d'ailleurs se sont très bien vendus. Oui mais, Dell s'est montré plus intéressé que HP par les modèles ultérieurs de HTC, qui a cessé toute collaboration avec HP. Résultat, les Axims se sont bien mieux vendus que les IPaq désormais développés en interne. On était alors en 2004. Depuis, plus rien.
Vous allez me dire, Dell en est sorti bien avancé, puisque n'ayant d'ailleurs rien sorti de nouveau non plus depuis cette même année 2004, ils auraient eux décidé de se désengager du marché du PDA Eux aussi sont être tombés en froid avec le mercenaire faiseur de rois taiwanais. Depuis, HTC a décidé de vendre ses PDAs sous sa propre marque. Qui est en train de reprendre des parts de marché à tous ses ex-partenaires. Comme c'est bizarre.
Mais revenons à HP.

En 2004, résolue à restaurer ses part de marché, la firme avait sorti la série des 6300 qui s'est avérée infestée de bugs. Elle sort rapidement une nouvelle série, les 6500. Qui marchent bien. Mais développés sous Windows 2003 alors que Windows mobile 5.0 sort quelques semaines plus tard, qui ouvre un gouffre en terme de possibilités avec son prédécesseur.

HP sort alors la série 6900, un 6500 retravaillé qui répond mieux aux nouvelles attentes des utilisateurs de PDAPhones. En effet , il jouit d'une connexion WIFI, à un moment où selon la firme d'étude et de conseil Gartner, cette fonctionnalité est devenue indispensable à la survie du marché des PDAs, dont elle attribue le tassement au délai de passage à cette nouvelle génération de terminaux plus communiquants. Mais depuis les quelques 6 mois qu'il est en vente, le HP 6900 ne se vend pas. Confinés à l'Europe, les modèles ne tentes guère les opérateurs, acteurs essentiels de ce marché sans lesquels le prix d'achat du terminal est multiplié par dix.

A un moment où Dell jette l'éponge, à un moment où les profits ont baissent semestre après semestre, où les professionnels préfèrent de plus en plus les smartphones, cela suffit il à faire croire que HP va se désengager d'un marché qu'il a été un des premiers à créer ? C'est ce que pense notre confrère Brighthand, généralement subtil dans ses prédictions. HP avait fusionné avec Compaq, notamment pour prendre la place de Palm en tête des constructeurs de PDAs. Cinq ans plus tard, HP est toujours derrière Palm, mais les deux se sont fait griller la politesse par Blackberry. Et si les trois leaders ont tous perdu du terrain, l'affaire est plus grave pour HP dont les ventes ont chuté de plus de 15% en un an, - avec 10,4% de PDM - contre un tassement de seulement 1% pour RIM - qui plane à 22,4% de PDM. En réalité, il est difficile de dire ce qu'il va se passer. Chacun des trois acteurs a connu de grandes difficultés liées à des problèmes internes, particuliers.

Les questions qui se posent sont, respectivement
  1. RIM va t'il continuer longtemps à regarder les profits de sa division hardware diminuer ? Réponse : tout dépendra du succès de leur opération de pénétration des marchés asiatiques - Chine et Japon -, qui était pourtant mal partie. Dernière nouvelle sur ce front néanmoins, il y aura bien des BBs en Chinois pour Taiwan suite à un accord passé avec l'opérateur local.
  2. PALM va t'il se faire sauver la mise par Microsoft ? Une clarification de leur politique software est particulièrement attendue, à l'heure où on se demande se qui les lie encore à Palm Source, fabricant de l'OS dédié.
  3. HP va t'il réussir à trouver la bonne formule pour les PDAPhones ? Cela semble possible, mais pas en interne. Un nouvel accord avec un fabricant OEM s'impose.
S'il y en a que ces mésaventures font bien rire, ils se trouvent plutôt du côté de Taïwan.