VOUS SOUVENEZ VOUS du temps où Siemens tentait de se maintenir sur le haut du pavé dans le marché des téléphones portables ?
Si, si, souvenez vous, Siemens s'était fait le héraut de l'écran monochrome à rétroéclairage orange, de l'antenne apparente parallélépipédique, des menus illisibles et inintelligibles, des hauts parleurs proéminents, et de bien d'autres choix esthétiques pour le moins discutables.
Avec ses modèles taillés à la serpe - on va le dire franchement : plus hideux les uns que les autres - à la qualité de fabrication si déplorable qu'elle désespérait même les plus fidèles motorolistes, toujours moins chers que la concurrence mais néanmoins abonnés aux promotions permanentes faute d'acheteurs, Siemens se battait pour obtenir les têtes de gondoles dans les grands magasins. Alors de "y'à qu'à"s en "faut qu'on"s, ils ont fini par "BenQ", qui a hérité de cette galère de marins d'eau douce coulant à pic en pleine Rhénanie.

Après avoir touché le fond cette année en enregistrant une chute des parts de marché mondial à moins de 5%, la firme Taïwanaise de Munich attend de sa nouvelle gamme qu'elle lui permette, déjà, de redevenir profitable, et à court terme, de doubler ses parts de marché... BenQ - une fois pour toutes, prononcez "bène-quiou" - nous présente donc les E 71, E 81 et SL 91.


Les E 71 et E 81, qui seront disponibles en Europe dès Septembre, adoptent un design semblable, sobre et, en ce qui concerne le E 81, plutôt fin et transparent, mais dans tous les cas, comment dire ... NOIR . Les deux disposent d'une radio FM, d'un slot MicroSD, d'un APN de 1.3 Megapixel, mais le E 71 fonctionne sous EDGE, et le E 81 sous UMTS. Rien que de très classique, mais le design est quand même en nets progrès depuis l'ère Siemens.

Et puis il y a le SL 91. C'est tout un concept, le marketing à l'allemande : à croire que depuis l'apparition de la Mercedes 600 SL, tout ce qui est censé être haut de gamme se transforme en catégorie SL.

Contrairement aux deux autres modèles précités, le SL 91 est un slider à-la-Samsung, mais similairement aux deux autres, il n'existe qu'en une seule couleur .. le NOIR bien sûr. La visio en UMTS est rendue possible par la présence de deux APN, la résolution du principal entrant dans la ligue des 3.2 megapixels. La qualité de son écran est certainement le point fort de cet appareil, et l'on retrouve bien là la maîtrise de BenQ dans se secteur spécifique : 2 pouces de diagonale et 16,7 millions de couleurs en QVGA. Autre innovation sympathique, le clavier est sensitif, grâce à la technologie "Force Sensitive Resistor" ; ils suffit d'effleurer la touche pour l'actionner, et un rappel de la sélection apparaît sur l'écran. Sympathique, oui, mais avec un si petit clavier, il devient difficile d'éviter d'effleurer plusieurs touches à la fois, alors que lorsqu'il s'agit de véritablement appuyer pour les faire fonctionner, le risque est moindre.
Prudence donc, d'autant qu'il m'a été impossible de vérifier s'il était possible de choisir de revenir à un mode de "pression" normal sur ce modèle.
Rien à dire sur les autres caractéristiques du téléphone qui devrait être disponible juste avant l'hiver : connexion Bluetooth , 64 MO de mémoire interne et slot MicroSD, lecteur MP3... deux avantages néanmoins pour les fonctions de divertissements musicaux, avec la radio FM RDS intégrée et des écouteurs soit-disant haut de gamme.

Mais le vrai gadget de ce téléphone n'est précisément pas sur le téléphone. Il s'agit de sa station d'accueil. L'esthétique est recherchée et ne dépare pas sur un bureau de cadre supérieur, ce qui est assez nouveau; mais ce qui va vraiment séduire tous les frimeurs, c'est la batterie d'effets lumineux que cette station produit pour la réception d'un SMS, d'un e-mail, d'un appel etc. Des ronds de lumière colorés très "soirée disco".

En tout cas, quel que soit le succès de ces modèles, ce ne sont pas les 300 employés allemands de BenQ Siemens récemment licenciés pour raisons budgétaires qui vont se mettre à danser.