Les OS se cachent pour mourir
Par François C., dimanche 30 juillet 2006 à 14:01 :: Palm :: #55 :: rss
PalmSource (développeur de Palm OS) et Access auraient raté plusieurs deadlines contractuelles posées par l'accord avec Palm (qui fabrique le matériel). Ce qui rend l'avenir de cet OS de plus en plus incertain.
D'ABORD IL Y A LES FAITS : Palm Os n'a plus le monopole des Palm, puisque les Tréo se déclinent désormais en une gamme W, qui tourne sous Windows Mobile.
Ensuite il y a les rumeurs : Palm (matériel) développerait son propre OS, basé sur Linux, pour pouvoir s'affranchir des défaillances du développement de son OS traditionnel.
Et là dessus, de mauvaises nouvelles. D'après le rapport financier 10K de Palm, Palm Source (qui appartient désormais au Japonais Access) n'a pas pu satisfaire un certain nombre de ses obligations de développement. On ne sait pas exactement lesquelles, même si rien n'empêche d'imaginer qu'il s'agit probablement de questions ayant trait au développement de la prochaine génération de Palm OS.
En gros, tout cela remonte à l'accord passé entre Palm (Source) et Palm (hardware) en 2005, qui donnait à Palm (hardware) le droit d'exploiter pleinement sa licence Palm OS, prévoyant en échange le versment de royalties minimum échelonnées sur plusieurs années, respectivement 42, 35, 20, et 10 millions de $ pour 2006, 2007, 2008, et 2009. Mais les paiements postérieurs à 2006 étaient assortis de conditions, notamment en matière de co-développement du futur OS,qui n'ont semble-t'il pas été remplies. Dès lors, juridiquement, Palm (hardware) pourrait se prévaloir de ce manquement pour échapper au paiement des royalties pour les prochaines années. En quelque sorte, couper les vivres...
Dans les faits, les choses seront certainement moins brutales : Palm reste très dépendant de son OS, en terme d'image, de fidélisations de clients... il serait donc hasardeux de claquer la porte du jour au lendemain.
La direction de Palm (Hardware) insiste d'ailleurs sur sa volonté de négocier un nouvel accord. Mais le problème est à double tranchant : car dans un domaine comme celui de la mobilité, un constructeur ne peut pas vraiment stagner sur un OS, parce que les utilisateurs veulent pouvoir renouveler leur expérience du système d'exploitation, mais aussi parce qu'il lui faut intégrer les évolutions technologiques majeures. Or, dans le domaine du Push, par exemple, Palm est déjà très en retrait, puisqu'il s'appuie sur les solutions de ses concurrents (Blackberry Connect ou Microsoft ActiveSync).
L'incapacité de PalmSource à proposer une nouvelle génération d'OS crédible est donc particulièrement préoccupante. Rappelons que Palm OS 6, alias Sahara, alias Cobalt, avait été distribué aux titulaires de licences Palm en Janvier 2004, et que la version améliorée de l'OS, Palm OS Cobalt 6.1 était sortie en septembre de la même année... Mais les fabricants n'ont jamais voulu l'adopter, préférant, notamment pour des raisons de coût, continuer à utiliser l'OS 5, devenu Garnet, et en pratique, l'OS 6 semble bien être dans un coma commercial prolongé depuis mi-2005.
On a beaucoup parlé, depuis, d'un nouvel OS basé sur Linux. Pari difficile, car Palm ne peut pas se défausser d'un de ses plus grands atouts :sa communauté de développeurs, et le nouvel OS devra leur proposer des garanties en termes de compatibilité.
Alors ? Dieu seul sait... Mais en attendant, gageons que nous verrons se multiplier les Palm Windowsophiles.
Commentaires
1. Le mardi 1 août 2006 à 11:44, par CH
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