DEPUIS LONGTEMPS, LA TECHNOLOGIE danse le tango. Un pas en avant, deux pas en arrière. Elle est devenue indispensable pour nous aider à résoudre les problèmes qui ne seraient pas apparus sans elle. Nos amis les Néérlandais se sont fait une spécialité de ce genre de pas de danse : alors qu'il n'y a pas si longtemps, nous vous expliquions comment ils avaient développé une technologie capable d'envahir les recoins les plus secrets de notre intimité mobile, nous apprenons aujourd'hui qu'ils luttent aussi pour préserver nos données les plus personnelles des intrusions indélicates, qu'un autre de nos articles sur la miniaturisation des puces RFID pouvait nous faire craindre.

Sans doute inquiétée par le fait que les autorités américaines ont officiellement autorisé la commercialisation de puces RFID implantables dans le corps humain même, l'Université Libre d'Amsterdam - qui est en fait contrôlée par l'Eglise - a mis en place un programme de recherche sur un système capable de détecter les lecteurs de RFID et de brouiller le signal émis par les puces qu'ils pourraient lire à distance. La technologie fonctionne déjà dans leurs laboratoires, sous forme d'un appareil rudimentaire.
Une longue vidéo sur le site permet de comprendre un peu mieux comment cela fonctionne.
L'objectif des chercheurs est logiquement de parvenir à des applications portables, dans les PDAs ou les téléphones, puisque c'est précisément dans l'espace public que ces technologies sont particulièrement utiles. Par exemple, si vous portez sur vous des puces RFID qui stockent vos informations bancaires, des pickpockets sauront déterminer quelle est la proie la plus tentante pour leur larcin.

Il apparaît donc utile que la recherche se penche sur ces questions, quand l'industrie elle même peine à développer des solutions en amont.
On peut même se demander s'il s'agit de mauvaise volonté, tant les solutions que les grandes marques de la RFID proposent sont low tech et décevantes.
Voyez par exemple cette idée d'IBM, qui lance les puces RFID à antenne détachable... Selon leurs dires, une puce RFID qui est lisible dans un rayon d'à peu près 10 mètres ne le sera plus qu'à une distance de 2 à 5 centimètres une fois l'antenne prédécoupée raccourcie par vos soins.... Une question amusante qu'on pourrait se poser quand on est paranoïaque, mais c'est bien là ce dont il s'agit, est de savoir de combien il faudra rallonger l'antenne du capteur pour compenser le raccourcissement proportionnel de celle de l'émetteur RFID et pouvoir lire la puce à la même distance.
Sincèrement, cette solution n'apparaît pas sérieuse.

Ce qui est surprenant, c'est qu' IBM ou ses collègues ne choisissent pas de commercialiser directement des puces RFID à moindre rayon d'émission pour les applications sensibles : peur de sembler faire un recul technologique ?

On peut ainsi appréhender ces informations sur les recherches en matière de protection des données personnelles de façon optimiste ou de façon pessimiste.
L'optimiste nous dira que ces recherches sont les bienvenues et aboutiront certainement à des résultats satisfaisants.
Le pessimiste constatera surtout que si de telles technologies apparaissent, consistant en l'utilisation d'un brouilleur ou au raccourcissement de l'antenne de la puce, c'est que déjà, plus personne ne croit en la possibilité de développer des systèmes d'encryption efficaces pour les puces RFID elles mêmes, et qu'il faut trouver des solutions tierces.