CAR ENFIN, faire des produits mobiles, c'est désormais à la portée de tout le monde. Nombreuses sont les marques informatiques qui assemblent, ou font assembler avec plus ou moins de talent des ordinateurs portables de moins de 2 kilos. Peu nombreux, en revanche, sont ceux qui parviennent à en faire des produits fiables et ergonomiques, adaptés aux problématiques spécifiques de la mobilité. A mon humble avis, Sony est de ceux-là.

Est-il véritablement besoin de rappeler ce que représentent ces trois gammes d'appareils?

  • La série SZ : 1,69 kg, pour un écran de 13,3 pouces, un processeur dual core, et une autonomie réelle de 6,5 heures
  • La série TX : 1,25 kg, pour un écran de 11 pouces, et 7 heures de batteries.
  • Enfin, la série UX, qui a le format d'un Origami sans vraiment en être un, pèse donc autour de 500 g en fonction des modèles, tout en ayant les dimensions d'environ 15 cm par 10, l'équivalent d'un (gros) carnet.

A l'exception peut-être de la série UX, qui se développe sur un créneau encore très expérimental, ces produits sont de petits chefs d'oeuvres de mobilité, et définissent de nouveaux standards pour cette catégorie de hardware.

  • en terme d'encombrement, et surtout de poids : Autrefois, le marché des ultraportables était divisé en deux segments : les 14 pouces d'environ deux kilos, et les 12 pouces autour d'1,5 kg. Clairement, les TX et les SZ ont tiré la norme vers le bas de 300g et 1 pouce d'écran pour chacun des segments du marché.
  • en terme d'autonomie, l'autre grand facteur de mobilité, ces deux séries offrent une autonomie réelle d'une demi-douzaine d'heures, une augmentation très appréciable la moyenne des appareils étant plutôt auparavant à 3 heures et demie.

Surtout, ce qui tranche finalement le plus par rapport à beaucoup d'ordinateurs, et c'est ce que je mentionnais dans le chapeau de cet article, c'est l'aboutissement de ces produits.
Sur le SZ, on notera par exemple le bouton matériel qui permet de basculer l'affichage sur un Barco, et le commutateur qui permet de redémarrer l'appareil en mode d'économie d'énergie ; sur le TX, les ports micro / casque, sur le devant, et surtout le petit voyant qui accompagne le bouton "mute" qui permet de savoir si votre machine est bien muselée, et par là même, de démarrer l'ordinateur sans risque de faire retentir l'abominable jingle windows en pleine réunion de travail... (Ne riez pas, je suis sûr que ça vous est déjà arrivé).

Enfin, il y a tous ces éléments qui dénotent la volonté de Sony de s'implanter sur le marché des entreprises (Faut-il y voir l'ambition de grignoter les parts de marché de feu-IBM ?) : la coque en fibre de carbone, notamment, comme sur les F1. La comparaison est assez publicitaire, mais outre les considérations de poids, il y a là un véritable progrès en matière de solidité. Il m'est ainsi arrivé de laisser tomber accidentellement un TX1 tout neuf d'un mètre de haut, en plein sur la tranche, et le châssis a -Dieu Merci- parfaitement absorbé le choc, se déformant légèrement, mais sans autre dommage pour l'appareil. D'autres dispositifs, notamment des détecteurs de chute, ont été intégrés. Sony a ainsi pu faire passer à ses produits des normes de solidité, et même, pour le SZ, d'imperméabilité. (Ceux qui, comme moi, ont déjà flingué le clavier de leur portable en renversant un verre de Perrier dessus apprécieront. Là encore, ne riez pas : il suffit d'une turbulence aérienne au mauvais moment, et vous vous retrouvez contraint de potasser Air France Magazine pendant les 6 heures de vol restantes. Ca peut arriver aux meilleurs d'entre nous).

Ces produits sont donc plus légers, moins encombrants, plus solides, et plus longtemps mobiles, grâce à leur autonomie accrue. Bref, l'idéal, et même, un idéal qui devient d'autant plus compatible avec les besoins des entreprises : la version 3 de la Série TX l'enrichissant, comme les SZ, d'un lecteur d'empreinte digitale.

Et l'UX90PS, dans tout cela, me direz-vous ?

Plus expérimental, et moins abouti, certes. Trop lourd, trop encombrant, pas assez autonome pour ce qu'il doit être, sans doute. Mais il s'agit néanmoins d'un appareil innovant, qui renouvelle de manière intéressante la série UX, car il remplace son disque dur par 16 Go de mémoire Flash. Par ailleurs, l'appareil est tout de même beaucoup plus compact (159,5x3,2cm), plus léger (492g) que son concurrent direct le Q1 de Samsung (22,75 x 13,95 x 2,65 cm ; 751 g pour le modèle équivalent en mémoire flash). Certes, le Samsung offre un écran plus large (7 pouces contre 4,5 pour l'UX 90 PS) et il est un peu moins épais ; mais le Sony intègre un clavier rétractable, une webcam, et un lecteur d'empreintes digitales, ce qui en fait un produit beaucoup plus riche.

Bref, si l'UX 90 incarne un concept qui n'est peut être pas encore tout à fait maîtrisé, Sony semble disposer d'ores et déjà d'une longueur d'avance intéressante sur un segment qui pourrait s'avérer très prometteur.


Rappelez-vous. Il y a longtemps, très longtemps, dans une galaxie lointaine, deux acteurs se disputaient le marché des assistants personnels : Palm et Psion. Chacune de ces marques incarnait un format : Palm, l'organiseur - tablette qui tenait dans la paume de la main ; et PSION, une sorte de tout petit ordinateur (on appelait ça les handheld PC), du format d'un gros calepin, qui s'ouvrait en deux pour découvrir un clavier et un écran. Ce format, qui n'était pourtant pas dépourvu de charme, a à peu près complètement disparu peu après la chute de PSION, bien qu'il survive encore dans la série des Communicator de Nokia.

Vous aurez compris où je veux en venir : Sony avait abandonné le créneau des organiseurs, sur lequel il avait longtemps brillé avec sa gamme Clié. La gamme UX (qui fut d'ailleurs autrefois une gamme Clié) pourrait, si elle parvient à s'imposer, rouvrir le créneau du Handheld PC. Les efforts déployées par Microsoft avec le programme Origami, ainsi que les besoins grandissants de solutions mobiles, vont dans cette direction. Cette tentative rencontrera-t-elle le succès ? Difficile à dire ; mais la diffusion de certaines innovations permet de penser que l'on s'en rapproche.


Jusqu'ici, le concept du "gros bloc note électronique" s'est heurté aux mêmes obstacles que tous les produits mobiles, mais de manière plus aigüe, car c'est un outil c'est un outil plus exigeant sur tous les plans. - ergonomie générale : taille et poids : il ne doit être ni trop grand ni trop petit, disposer d'un écran suffisamment large et performant pour prendre confortablement des notes et visionner clairement ses contenus. - autonomie : la plus longue possible, bien sûr : c'est la base de la mobilité ; mais comme il s'agit d'appareils destinés à devenir de véritables outils de travail, il faut que l'autonomie permette d'envisager sereinement une journée, ou au moins une demi journée de travail. - connectivité : si le Wifi suffit à couvrir une surface limitée, comme un entrepôt par exemple, il faudra pouvoir disposer de modems edge ou 3G pour pouvoir rester connecté dans un contexte de mobilité plus étendu - système d'exploitation : l'OS de l'appareil doit offrir deux qualités : une disponibilité immédiate - on ne peut pas se permettre d'attendre que l'OS charge dans le feu de l'action - et en même temps, une compatibilité acceptable avec le reste de l'infrastructure informatique. - last but not least, un système de saisie performant... (dans ce domaine, même si j'apprécie beaucoup les tablet PC, je rappellerai quand même que l'on a jamais fait vraiment mieux que le système de Saisie de l'antique NEWTON d'Apple.)

L'UX90PS ne sera sans doute pas l'appareil qui permettra de réussir la combinaison quasi-alchimique de ces différents ingrédients. Mais, il me semble néanmoins qu'il représente un progrès considérable en la matière. En effet, l'utilisation de mémoire flash en lieu et place des disques durs permet d'optimiser le poids et l'autonomie de l'appareil (+ 13% !), d'obtenir un système d'exploitation beaucoup plus réactif, rendant ainsi Windows XP beaucoup plus pratiquable en mobilité. Si l'on considère en outre la diffusion grandissantes des cartes data et autres dispositifs de connectivité, on est très proche d'obtenir une solution mobile vraiment idéales. Sony a d'ailleurs intégré des dispositifs de ce type dans sa version américaine de l'UX 90, l'UX 180.

Que vouloir de plus, dans ces conditions ? Deux heures d'autonomie et un pouce d'écran en plus ; un centimètre d'épaisseur et 250grammes de moins. Une nouvelle version de Windows Tablet PC plus ergonomique, mieux adaptée aux besoins des utilisateurs qui passent d'un réseau à un autre. Bref, des choses qui restent importantes, tout à fait susceptibles de faire la différence entre un produit phare et un bijou pour les geeks. Mais dont on se rapproche de plus en plus.

Alors, s'il vous plaît, Messieurs de chez Sony, Microsoft et Samsung, encore un effort : le handheld idéal est à portée de main !

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