JUSQU'ICI, PEU DE SIGNAUX SONT AUSSI BROUILLES que ceux du Wimax.
Nous chez Mobimania, qui suivons l'affaire de près, ne savons plus très bien quoi en penser.
D'abord sceptiques au sujet du potentiel annoncé du Wimax, tant économique que technologique, nous avions salué l'annonce d'un engagement sérieux de la part de Intel dans son développement, qui a fait l'effet d'une bombe après plusieurs semaines de rumeurs sur leur volonté d'abandonner purement et simplement cette technologie.
Les Coréens qui avaient fait de leur pays un veritable laboratoire du Wibro, leur version locale du Wimax, ont été prompts face aux premiers résultats décevants de se mettre d'accord avec Intel pour assurer l'interopérabilité ente les deux standards.
Nokia, autre acteur incontournable pour l'implantation d'un nouveau standard mobile, et qui avait participé à la fondation du Forum Wimax, structure censée piloter son développement, y jouait en fait le rôle du ver dans le fruit, pour protéger ses investissement dans l'UMTS. Ainsi la Finlande était elle devenue - avec la France - le seul pays à interdire préventivement toute installation de réseau Wimax à usage commercial sur son territoire.
Et voilà que cette même firme finlandaise annonce par un communiqué de presse sur son site, pratique suffisamment exceptionnelle pour être remarquée, qu'ils "félicitent" l'opérateur US Sprint Nextel pour leur décision d'installer un réseau Wimax aux Etats Unis, décision dont pas grand monde en dehors du pays des buveus de Bud n'aurait entendu parler sans un telle intervention. Le réseau utilisera la bande 2,5 Gigahertz déjà réservée a Nextel, et qui semble être la solution technique la plus acceptable de par le monde.
Les Américains vont donc pouvoir bénéficier d'un réseau Wimax opérateur.
Les avantages sont certains. Enfin ... pour certains.
Contairement au Wifi, les ondes Wimax ne sont captées que par le terminal utilisateur - Media Access Controller ou adresse MAC - dûment enregistré, et uniquement les ondes d'un seul émetteur. Ce qui veut dire que la connexion Wimax, issue d'un réseau pour ainsi dire privé et individualisé est nettement plus stable qu'une connexion Wifi. Un même signal Wifi peut être intercepté par d'autres MAC se trouvant plus proches du point d'accès, ce qui déteriore la qualité des primoconnectés plus éloignés. Avec le Wimax, un même signal est capté uniquement par un seul MAC pendant toute la durée de la connexion. Le gain en stabilité est vital pour la bonne marche d'applications telles que la télévision mobile ou la voix sur IP; et on ne parle même pas du débit, certainement supérieur, quoi qu'on ne sache pas exactement dans quelle mesure.
C'est là le premier intérêt du Wimax : faire qualitativement mieux que le Wifi pour les applications utilisant un réseau mobile.
Mais le potentiel du Wimax réside surtout dans sa perspective de "connection du dernier kilomètre".
Grà¢ce à sa meilleure portée, à la moinde déperdition du signal sur longue distance et à son meilleur débit, un borne Wimax pourra permettre à des utilisateurs si isolés qu'ils en sont privés d'ADSL ou de toute autre connexion haut débit d'avoir un accès rapide et stable aux réseaux, à un moindre côut d'installation pour les opérateurs.
Une chance fantastique pour les zones rurales ou les pays en voie de développement, notamment. Si vous êtes en vacances au milieu de la cambrousse, même de nos pays si développés, en train de vous battre avec votre modem GPRS pour lire ces lignes, vous savez de quoi je parle.
Mais l'expérience du Wibro en Corée - avec des rares exemples de mobiles compatibles comme ce Samsung M8000 - monte que les opérateurs choisissent de profiter des capacités qualitatives du Wimax plutôt que de s'occuper du dernier kilomètre. Cela veut sans doute dire que cette séduisante opportunité n'est pas si rentable qu'on pouvait le croire, voire qu'elle est plus décevante au niveau des performances qu'on le craignait, ce qui est encore plus inquiétant.
Dans tous les cas, la pratique commerciale semble donc actuellement faire du Wimax une technologie de substitution, de contournement ou d'amélioration plus ou moins vague de la 3G. D'ailleurs, Sprint l'appelle, un peu prétentieusement, 4G.
Et on peut s'étonner que Nokia ait décidé de saluer cette initiative de Sprint, qui va collaborer avec Intel, Motorola et Samsung pour le developpement de ce réseau. Bref, que des concurrents de Nokia.
A vrai dire, ce que Nokia voudrait faire comprendre, c'est qu'il est très content de voir le Wimax se développer, tant que cela se passe loin de l'Europe.
Dans les conditions actuelles, s'en plaindra t'on ?
