Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, Apple n'aurait pas le droit d'utiliser le nom iPad. En Chine tout du moins.
Proview Technology Co. Ltd, un fabricant local basé à Shenzhen, prétend détenir les droits pour l'ensemble de son territoire et ne demande pas moins d'un milliard d'euros de dommages et intérêts.
L'affaire est complexe : en réalité, la société n'est que la filiale de Proview Technology, Taipei, qui avait déposé le nom iPad pour le monde entier, sauf la Chine Populaire, dès 2000. C'est la filiale de Shenzhen qui a acquis les droits pour son pays moins d'un an plus tard. Or si Apple a été obligé par une décision de justice de racheter les droits d'utilisation du nom à Proview, Taipei - pour seulement 35 000 livres sterling, et dans des conditions douteuses -, l'accord ne couvrait pas les droits pour la Chine continentale, qui restaient au bénéfice de la filiale locale, laquelle a choisi de poursuivre Apple dès l'introduction officielle de son produit phare, le mois dernier.
L'article du Bejing News Daily qui révèle l'affaire cite même des archives gouvernementales officielles.
Cette affaire n'est pas le premier souci pour Apple en Chine, qui doit faire non seulement face à la prolifération de clônes sur place, mais également à de multiples poursuites plus ou moins fantaisistes, comme celle du fabricant Shenzhen Great Loong Brother Industrial, qui voulait faire croire que la firme à la pomme avait volé le design de sa tablette Windows. Avec les photos des deux appareils, nous vous laissons juges de la pertinence de ces allégations.
Apple, qui prévoit 25 points de vente sur le pays avant la fin de l'année, nourrit de grandes ambitions commerciales en Chine, ayant jusque là opéré avec la plus grande prudence - on se souvient qu'il n'y a pas si longtemps, leurs G3 et G4 étaient interdits d'exportation vers la Chine par le gouvernement américain, officiellement pour cause de sécurité nationale, et n'a oouvert son premier Apple Store sur place que cette année. Il n'y en a aujourd'hui que quatre, deux à Pékin et deux à Shanghai.
L'affaire pourrait se résoudre assez simplement, si la firme Californienne accepte de racheter les droits à Proview Shenzhen, qui les met à prix à la somme "raisonnable" de ... 800 millions de dollars.
Précisons que Proview Technology Shenzhen serait en situation de faillite, et que le nom iPad appartiendrait donc dans la réalité aux 8 banques qui l'administrent, dont la Banque de Chine.
