Palm est mort le 10 février 2011.
En effet, même si aucun communiqué de presse de HP n'a officialisé la nouvelle, plus aucune référence à la marque ne figure sur aucun des sites nationaux de Palm, si ce n'est le nom de domaine lui-même, pas encore redirigé vers une boutique HP.
Le site américain de Palm supprimé toutes les références à la marque d'origine et a même commencé à rennommer tous les Palm Pré "HP Pré".
Un enterrement en catimini
Cette nouvelle avait de quoi surprendre hier, lorsqu'elle avait été prédite par un seul média français (en l'occurence France Info) : le rachat de la société par Hewlett Packard en Avril 2011, gagné de haute lutte face à des offre rivales de RIM, Apple ou Lenovo offrait pourtant de solides garanties. Si à cette époque, les analystes estimaient que "Palm serait mort en moins d'un an", ils évoquaient non pas la marque, mais le système d'exploitation WebOS, conçu avant l'arrivée de HP. Or si aujourd'hui Palm est mort, WebOS lui survit, et HP confirme son intention de développer des machines fonctionnant sur ce système d'exploitation en sortant deux modèles de smartphones (le Veer et le Pré 3 , respectivement plus petit et plus grand que les actuels Pré), et une tablette tactile (le ... TouchPad).
Malgré l'arrivée de WebOS 2,la part de marché de Palm n'a cessé de baisser y compris aux Etats-Unis, le marché où la marque est pourtant la plus présente, tombant à moins de 5% en Août 2010.
Victimes de plusieurs années de marketing défaillant
Pourtant, le bonheur était dans le Pré. Notamment le Pré 2, qui restera le dernier Palm, et le seul de l'ère HP sous WebOS 2.0 (HP a annoncé que les Pré et Pixi ne seraient pas mis à jour).
La plateforme WebOS est pourtant pleine de qualités, spécialement étudiée pour le multi-tâches, et le Pré 2, dont nous avions effectué un test non publié et à paraître, un appareil original (dont le branding était déjà très discret).
Mais Palm a été affecté par des campgnes de marketing très mal menées pendant toute sa longue existence : dernier exemple en date, le Pré 2 n'a été officiellement distribué en France que pendant trois mois, puis repris par SFR récemment, et pas du tout au Royaume Uni. Trois mois pendant lesquels la marque a changé d'agence de communication en France, sans laisser d'adresse, ne facilitant pas les relations avec les journalistes...
Une marque pionnière qui a toujours navigué à vue
Cette valse des agences de com illustre celle des changements de propriétaire du fabricant créé en 1992 par l'ingénieur Jeff Hawkings, soutenu alors par le fabricant d'électronique grand public Tandy.
L'histoire de la marque est celle d'un groupe d'ingénieurs à la pointe de la technologie, chapeautés par une série de repreneurs peu impliqués dans le marketing des produits qu'ils leurs fournissaient.
Appréciés par les experts, les produits Palm n'auront rencontré le grand public que pendant la brève ère du PDA, au tournant du millénaire.
Le premier modèle, le Zoomer, sortit quelques semaines avant l'Apple Newton : les deux machines bénéficièrent par la suite du logiciel de reconnaissance d'écriture Graffiti, développé par Palm et encore considéré comme une référence aujourd'hui.

Le succès commercial n'est pas au rendez-vous et la marque survit gràce à Graffiti ... et aux commndes de logiciels de synchronisation de HP.
En 1995 US Robotics achète la marque, et Palm gagne en notoriété en débutant en 1996 la série des Palm Pilot.

Mais la reprise de ce dernier par 3Com mécontente les fondateurs qui quittent le navire, et créront donc sous Handspring, une marque ad hoc, le modèle qui fera finalement la réputation des terminaux Palm : le Tréo
Le début des années 2000 sont celles du succès et du grand n'importe quoi en termes de stratégie.
3Com ouvre le capital et scinde en 2002 la société en deux, avec Palm pour produire le hardware et Palm Source pour le software. Résultat : quand Handspring rachète Palm, ils n'ont pas le contrôle de l'OS qu'ils avaient développé ... et font donc tourner leurs machines sous Windows (comme le Treo 700w). Pendant que le japonais Access, qui a acheté Palm Source et donc l'OS, n'en fait ... rien.

Palm devra donc payer 44 millions de dollars à Access pour avoir le droit d'utiliser et de travailler sur le code source de Garnet, la denière mouture de l'OS Palm, et donc poursuivre à le développer.
Mais ces péripéties ont lassé les consommateurs, et dès 2007 les rumeurs se multiplient sur la vente de la marque.
Le fonds d'investissement Elevation Partners achète 25% des parts et sauve pour un temps Palm, mais en Décembre 2008, le PDG de Palm annonce que plus aucun PDA ne sera développé.
Le Palm TX était donc le dernier PDA traditionnel...

Mais en Janvier 2008, Palm surprend tout le monde en prenant le wagon du smartphone, avec le Pré et un tout nouvel OS maison, WebOS.

Une réorientation vers le smartphone qui aura donc été bien trop tardive.
Le Palm Pré 2 aura donc été le dernier appareil Palm.

Sauf si... car à vrai dire, après une telle histoire, tout ne reste-t-il pas possible ?
