Si, si, Motorola existe encore. Et l'inventeur du cellulaire, dont les parts de marchés sont désormais inférieures à 5%, vient de faire sa dernière tentative en date pour séduire le marché des entreprises, sur lequel il s'est toujours assez inexplicablement cassé les dents, enfin, depuis que la Blackberry est le Blackberry...
Fait a priori aggravant, il mise tout sur la plateforme Android, plateforme qui comme on le sait, n'est pas trop perçue comme destinée aux professionnels. D'autant que l'appareil est doté du service Motoblur, qui couvre l'écran d'un nuage de fils correspondant à tous les réseaux sociaux possibles et imaginables de l'utilisateur, Facebook en tête.
Et puis on se demande bien pourquoi la firme américaine, en générale très avant-gardiste sur le plan du form-factor (Motorola a notamment inventé le format clamshell), a choisi un style de bonne vieille grosse brique pour son Droid Pro, d'autant plus grosse qu'elle fait cohabiter un écran tactile (de seulement 320x423 pixels, encore moins que le Torch) ET un clavier FIXE ressemblant très fortement à celui d'un Blackberry, alors que les Canadiens sont passés avec bonheur au slider... On dirait presque, l'inévitable stylet en moins, un clone chinois des premiers sliders Samsung ou Nokia, au clavier désespérément immobile.
Mais il faut saluer les adaptations aux exigences de la clientèle de bureau.
Tout d'abord, l'intégration de toute la suite Microsoft Office est assurée, Exchange peut cohabiter avec Gmail, les calendriers et agendas sont également unifiés.
Il supporte également un service très intéressant développé avec l'opérateur Verizon qui transforme la machine en "hotspot mobile", permettant de partager sa connexion 3g ou HSUPA avec les appareils voisins autorisés.
Mais plus intéressant encore, l'appareil peut se connecter aux VPNs.
Et encore mieux, son utilisateur peut commander à distance le formatage de la mémoire interne, de la SIM et de la carte micro SD en cas de vol.
Et cerise sur le gâteau, il supportera selon l'annonce de Motorola l'encryptage de toutes les communications et des fichiers stockés sur la carte mémoire début 2011 aux États-Unis. Le principe même qui a fait la gloire du Blackberry dans tout le monde civilisé, et son infamie dans les pays qui le sont moins...
Motorola avait présenté des statistiques selon lesquelles 54% des utilisateurs de Blackberry étaient susceptibles de changer de marque, et 33% s'intéressaient particulièrement à Android.
Si cet appareil devrait stimuler cet intérêt, il faudra vraiment que tous les cols blancs concernés ne soient pas rebutés par le form factor complètement Shanzai du Droid Pro pour que cet intérêt se concrétise par une véritable migration.

