LE MOTOROLA Q est avec le Razr l'un des deux killer-models qui avaient sorti - pour un temps seulement - la firme américaine de la situation délicate dans laquelle les progressions de Nokia et de Samsung au niveau des Smartphones grand public, et des Blackberries au niveau du marché corporate, l'avaient plongé.
C'était il y a déjà trois ans lorsque ce modèle est sorti aux US.
Et il a donc fallu attendre trois ans pour qu'il arrive en Europe.
Certes, le Q a évolué avec le temps, mais la concurrence aussi. Avec la multiplication des Smartphones push-email, la montée en gamme des Taiwanais, la diversification des Blackberries qui en a résulté, le Motorola Q a bien plus à craindre aujourd'hui qu'au moment de son lancement.
Alors fait-il encore bonne figure dans le marché actuel ?
Première impression : le motorola Q n'est ni plus ni moins encombrant, ni plus ni moins esthétique que ses concurrents.
Le gros écran 2.8 pouces en 320x240 pixels est on ne peut plus dans la norme.
L'appareil est tout aussi fin ( 11.8 mm ), exactement aussi large ( 67 mm) et à peine plus long ( 118 mm pour 114 mm ) qu'un Blackberry 8800 par exemple. Le clavier est très fin, de forme incurvée, mais les touches sont bien saillantes. Bizarrement, on a tout de même nettement l'impression d'être en face d'une copie conforme d'un clavier de Blackberry Curve. Ensuite, au niveau des ports, et boutons latéraux, le Motorola suit la mode actuelle du minimalisme le plus complet, avec seulement deux boutons de défilement et/ou de volume sur le flanc droit, avec en plus un bouton de sélection, une trappe refermable pour le port MicroSD sur le flanc gauche, et l'inévitable port microUSB multi-usage, la dernière vraie-fausse bonne idée de la quasi totalité des constructeurs de smartphone.
Sur la face arrière, on note l'APN 2 megapixels et le flash led. Le mode photo est plus évolué que sur un Blackberry, avec une possibilité de viseur plein écran. Pour mémoire, aucun Blackberry n'a de flash, et le 8800 n'a pas d'APN du tout.
Mais comme nous le rappelle actuellement sur les toiles une certaine Béatrice Dalle, ce qui nous intéresse, c'est ce qu'il y a à l'intérieur.
Ici, on a affaire à une mémoire interne très limitée : seulement 128 MO de ROM pour 64 de RAM. Sans carte MicroSD, vous n'irez pas loin. Le processeur est un Texas Instruments OMAP 2420 à 330MHz, choix d'autant plus original que Motorola aurait pu aller voir du côté de son ancienne branche processeurs Freescale qui équipe très avantageusement les smartphones Samsung notamment. Enfin... il est des divorces difficiles.
Au niveau de la connectivité, le téléphone est quadri bande GSM - 850/900/1800/1900, autrement dit, il peut fonctionner aux US - mais attention, pas partout.
Si le Bluetooth est bien présent, et de surcroît en version AD2P stéréo, on regrette l'absence de connection WIFI.
Regret atténué par la compatibilité HSDPA. Aucun Blackberry n'est actuellement compatible HSDPA, il faut le rappeller.
L'OS embarqué est également un élement déterminant.
Ce Motorola est basé sur Windows Mobile 6. Mais attention. Depuis que Windows a unifié les dénominations commerciales de ses OS mobiles, il faut savoir lire entre les lignes.
Ainsi le Q9 serait le premier Smartphone équipé de la version dite "Crossbow" de Windows Mobile, lisez : la version Smartphone, celle qui n'est pas destinée par défaut aux appareils à écran tactile. Comme on aime que les vaches soient bien gardées, nous sommes convaincus que cela contribuera à éliminer certaines des ( nombreuses ) déficiences de cet OS.

Bref, la machine ne sort vraiment du lot qu'au niveau de deux qualités : sa connectivité HSDPA et son OS Windows Mobile 6 version Crossbow... cer dernier avantage ne jouant pas si l'on élargit la comparaison avec les Blackberries, qui eux sont dans un tout autre monde au niveau du système d'exploitation, en matière de fiabilité et de facilité d'utilisation. Et surtout, qui jouissent d'une bien meilleure réputation au niveau de la fiabilité et de la qualité de fabrication générales.
