Il faut toujours avoir un oeil sur le blog officiel de Google. Même un quinze août. On tombe parfois sur des posts de gros bonnets de la firme de Mountain View, parfois même des fondateurs en personne. Et parfois, d'intimidants disclaimers en pied de page nous indiquent, si on ne l'avait déjà compris, qu'il s'agit de nouvelles importantes, et sensibles.
Comme aujourd'hui :
This blogpost includes forward-looking statements within the meaning of Section 27A of the Securities Act of 1933 and Section 21E of the Securities Exchange Act of 1934. These forward-looking statements generally can be identified by phrases such as Google or management “believes,” “expects,” “anticipates,” “foresees,” “forecasts,” “estimates” or other words or phrases of similar import. Similarly, statements herein that describe the proposed transaction, including its financial impact, and other statements of management’s beliefs, intentions or goals also are forward-looking statements. It is uncertain whether any of the events anticipated by the forward-looking statements will transpire or occur, or if any of them do, what impact they will have on the results of operations and financial condition of the combined companies or the price of Google or Motorola stock.
En gros, la bourse lit ce qu'écrit Larry Page, donc, attention hein faut pas lui faire dire ce qu'il n'a pas dit.
Ce qu'il dit c'est que le développeur d'Android va acheter le fabricant de téléphones Motorola - ou du moins la division "mobility" de l'énorme firme américaine, pour dit-on, pas moins de 12,5 milliards de dollars US. Soit plus de 8 milliards d'euros, soit $40 par action, soit 63% de plus que leur valeur lors de la dernière clôture de Wall Street - 63% qui ont été immédiatement gagnés par l'action depuis l'annonce, à la réouverture de Wall Street. Ce qu'il faut savoir c'est que si les conseils d'administration des deux sociétés sont d'accord, il faut encore attendre l'aval des actionnaires et des autorités de régulation aux US et en France ( si on ne doute pas de leur feu vert, ils pourraient poser des conditions intéressantes à étudier).
Les Droids ne font pas vendre Android
En réalité, Motorola ne faisait pas mystère de sa volonté de se débarrasser de sa division mobilité dont la perte de vitesse avait commencé dès avant le début de l'ère des smartphones. Le PDG d'alors avait même annoncé cet objectif en 2008, soit très peu de temps après avoir choisi ... Android comme système d'exploitation unique pour tous les smartphones à venir de la marque. A peine avait-il isolé les activités mobiles de la marque dans une entité à part, en Janvier 2011, que les cours de cette nouvelle société ont commencer à chuter - sans discontinuer.
Si les Droids ont permis à la marque de retrouver une partie de sa clintèle américaine (14,5% de parts de marchés, soit le numéro 3 en Amérique du Nord loin derrière Samsung avec 25% et LG, 21%), le succès à l'étranger de l'inventeur du téléphone portable il y a une trentaine d'années se faisait plus discret (moins de 3% des parts de marché, soit moins que Appel avec 4% et loin de Nokia avec près de 33% ). Pendant ce temps, Android devenait l'OS le plus vendu au monde (plus de 43% des ventes en 2011). Signe que ce ne sont pas les Droids qui font vendre de l'Android.
Les investisseurs de Google sceptiques
Google aurait-il payé trop cher pour Motorola ? A l'ouverture de Wall Street, si le cours de Motorola regagnait 63% en quelques minutes, celui de Google baissait lui de 3,3%...
Larry Page a sans doute plus rassuré les mobinautes que les investisseurs en déclarant :
L'acquisition de Motorola Mobility, un partenaire dédié d'Android, permettra à Google de booster l'écosystème Android et améliorera la compétition dans l'informatique mobile. Motorola Mobility demeurera un client d'Android et Android restera ouvert. Google gèrera Motorola Mobility comme une affaire distincte.
Une dot fabuleuse
Cela a pourtant séduit les autres partenaire de l'éditeur, qui se sont presque tous fendus de leur communiqué encourageant, aux airs de félicitations de mariage.
En attendant, ce ne sont pas moins de 14 600 brevets et 6 700 dossiers en cours qu'apporte la mariée.
Les investisseurs ont sans doute vu là, par les temps qui courent, autant de procès potentiels.
